Chroniques, Histoires d'entreprises

La sidérurgie britannique en pleine crise

Après l’épisode Florange, voici la saga Tata. Le secteur concerné reste la sidérurgie, seul le pays change. Apres des années de crise, les aciéries britanniques sont au bord de la rupture. Les facteurs sont multiples et il a suffit d’un nouveau coup du sort pour mettre en danger toute une filière industrielle: le ralentissement chinois a obligé ses producteurs à trouver des moyens pour écouler leurs immenses stocks., parfois à perte.

Tata Steel jette l’éponge. Le premier sidérurgiste du pays avec 17 000 emplois sur 20 000, veut quitter le Royaume et vite. Explications sur le plateau de France 24.

 

 

 

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Pourquoi est-il important de fixer un prix au carbone ?

C’est probablement le sujet le plus important mais aussi le plus complexe que les États devraient traiter et pourtant il ne fait pas partie des objectifs officiels de la COP21.

Faute d’ambitions sur ce sujet, on voit mal comment les engagements qui seront pris à Paris pourraient être contraignants. Que la mobilisation soit pour une fois unanime et financée en partie par le fameux Fonds Vert et les initiatives des milliardaires du monde entier, c’est bien, mais c’est toujours insuffisant.

« Ce que l’on ne paie pas est inévitablement gaspillé ou sur-consommé »

Aujourd’hui 3 mécanismes permettent d’inciter les entreprises et les collectivités à réduire leurs émissions: taxer les revenus, taxer les produits et subventionner les projets écologiques. Ils permettent de sanctionner les pollueurs mais ne les incitent pas à réduire leurs émissions.

L’argument est simple: fixer un prix au carbone et introduire un marché correspondant permettrait de limiter la consommation d’une ressource limitée et vitale pour notre planète.

« When we drive our cars, heat our homes or use fossil fuels in more indirect ways, all of us create these costs without paying for them. It follows that we overuse these fuels. This is not some kind of government planning argument — it is the logic of the market: that which is not paid for is overuse »Larry Summers

Le mécanisme d’un marché carbone

Pour comprendre ce qui bloque, il faut d’abord comprendre comment fonctionne un marché carbone, prenons l’exemple du marché européen du carbone

Pour résumer:

  1. Une instance de régulation donne des quotas d’émissions à des entreprises polluantes
  2. Au bout d’un an, elles doivent racheter des quotas si elles ont trop pollué. A l’inverse, elles peuvent les vendre si elles ont dépassé leurs objectifs de réduction.
  3. Le surcout ou le bénéfice dépend du prix donné à 1Tonne de CO2

Le premier marché carbone a été crée aux États-Unis dans les années 90 pour réduire les émissions de dioxyde de souffre (combustion du charbon) responsables de nombreuses pluies acides. Ce fut un grand succès.

Plusieurs régions du monde on lancé leur propre marché carbone à la suite du protocole de Kyoto: l’Union Européenne, le Québec, l’Australie, la Nouvelle Zélande, la Norvège, la Suisse, la Chine (quelques provinces pilotes), la Corée du Sud, le Japon (Tokyo seulement), le Kazakhstan et les États-Unis (quelques États).

Sur chaque marché le prix de la tonne de CO2 est différent et varie entre 2€ au Kazakhstan, 5$ aux USA, 7€ en Europe, en Corée et en Nouvelle Zélande, 18€ en Australie et une 60aine€ au Japon.

Ces initiatives sont encore récentes et peuvent être largement améliorées. Le premier obstacle est le prix d’1T de CO2, souvent trop faible et peu incitatif.

Un prix mondial est-il possible ?

c’est la question centrale du débat aujourd’hui. Un prix unique permettrait de mettre en place un marché mondial du carbone dans lequel toutes les entreprises seraient contraintes de manière équitable.

L’objectif est ambitieux mais semble impossible à court-terme vu la complexité des questions à résoudre:

  • Comment harmoniser la mesure du bilan carbone ? Quelles règles de calcul ?
  • Qui fixe le prix du carbone  et attribue les quotas ? Selon quelles règles ? Comment exonérer les pays les plus pauvres ? Quels efforts demander aux secteurs les plus polluants mais tout de même nécessaires ?
  • Quelle(s) autorité(s) de régulation mettre en place ?
  • Quelle(s) plateforme(s) d’échange ?
  • Quelles sanctions contre les réfractaires ? Des barrières protectionnistes ?
  • Quel calendrier adopter ?

On comprend bien qu’un tel mécanisme ne verra pas le jour cette année.

On peut en revanche espérer que les pays les plus volontaires montrent l’exemple et décident d’améliorer, d’harmoniser et de relier les différentes initiatives régionales.

 

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Que va faire Hollande à Athènes ?

Credit: Carlos ZGZ

Hollande se pose en défenseur du peuple grec

Souvent décrit comme le grand artisan du maintien de la Grèce dans la zone euro lors des négociations de juillet dernier, François Hollande sera probablement accueilli à bras ouvert lors de sa visite à Athènes ce jeudi. Signe de reconnaissance, il a été invité à s’exprimer devant la Vouli, le parlement grec. On se doute qu’il félicitera Alexis Tsipras de l’accord trouvé entre Bruxelles et ses créanciers, invitera les Grecs à poursuivre les efforts et tentera de se poser en défenseur du peuple grec face à une Allemagne dominatrice et inflexible.

Renforcer la coopération avec Athènes

Mais au delà des beaux discours, François Hollande poursuit plusieurs objectifs lors de sa visite. D’abord, rassurer son électorat le plus à gauche qu’il défend bien leurs idéaux, et ce malgré une politique économique de plus en plus libérale, incarnée par son ministre de l’Économie Emmanuel Macron. Invité par les dirigeants grecs, l’occasion est également unique de transformer l’essai et d’affirmer un peu plus son rôle de trait d’union entre les deux Europe, celle du Sud et celle du Nord. Pour donner corps à ce projet, il ne vient pas les mains vides. Il apporte son aide, celle de Bercy pour collecter les impôts et celle de ses entreprises pour relancer les investissements. Il emporte ainsi dans ses valises les patrons d’entreprises comme Suez, Alstom ou Vinci, des entreprises qui lorgnent en réalité sur les actifs qu’Athènes doit mettre en vente: aéroports, compagnie de chemin de fer et services publics en tout genre.

 Tsipras cherche une oreille attentive sur la dette

Enfin, François Hollande vient surtout pour écouter les propositions d’Alexis Tsipras pour restructurer la dette grecque. Un sujet qui obsède le premier ministre depuis sa première campagne électorale. Un sujet qui permettrait surtout à Alexis Tsipras de faire avaler les réformes extrêmement dures qu’il est en train de faire adopter à marche forcée à sa majorité et à sa population. Un sujet qu’il a enfin arraché à ses créanciers en juillet dernier. Ils avaient promis une grande conférence sur la dette à l’automne, si et seulement si Athènes respectait ses engagements. Aujourd’hui, force est de constater qu’Alexis Tsipras a tenu parole. Il vient de faire adopter un important train de réformes à l’occasion du budget 2016. D’autres devraient suivre mais il estime probablement qu’il est grand temps que les européens respectent également les leurs.

François Hollande est-il l’homme de la situation ?

Charge ensuite à François Hollande de prêcher la bonne parole auprès de ses collègues européens. Sera-t-il à la hauteur ? Rien n’est moins sûr car la France et son président manquent cruellement de crédibilité à Bruxelles. En apparence, François Hollande est associé aux grandes décisions européennes, mais en réalité c’est Angela Merkel qui mène la danse. Or le sujet est extrêmement sensible en Allemagne. La population refuse toute réduction frontale de la dette grecque. Les dirigeants ont bien dû accepter du bout des lèvres un allongement des conditions d’emprunt, mais on les imagine mal aller plus loin. Berlin est en plus loin d’être isolé sur le sujet. La quasi-totalité des pays membres refuse d’accorder un traitement de faveur à la Grèce, de peur que d’autres pays n’en demandent autant, en particulier l’Espagne ou Podemos frappe à la porte du pouvoir. Bref il faudra beaucoup d’habileté politique pour lancer une grande conférence sur la dette et encore davantage pour en tirer plus qu’un simple geste symbolique. Il faudra surtout proposer des mécanismes audacieux, créatifs et réalistes. L’Ukraine pourrait d’ailleurs servir d’exemple. Une chose est sûre, la route sera longue et fastidieuse.

Pour aller plus loin:

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L’insolente réussite de Matteo Renzi

C’est avec envie et admiration que François Hollande doit probablement projeter son regard de l’autre côté des Alpes. Depuis sa nomination, Matteo Renzi réussit tout ce qu’il entreprend. Après avoir réussi à transformer le marché du travail en introduisant un projet qui ressemble aux fantasmes scandinaves de Manuel Valls, il a présenté hier son budget 2016. Un budget ambitieux qui fait fi des injonctions austères de Bruxelles. A l’inverse de la plupart de ses partenaires européens, le déficit italien augmentera l’année prochaine, passant de 1,8% à 2,2%. Un pied de nez infligé à Bruxelles qui pourrait en plus passer en douceur. Le Florentin se justifie en effet grâce aux réformes structurelles qu’il a enclenchées. Pire pour François Hollande, Matteo Renzi a les chiffres pour lui. La croissance a été légèrement revue à la hausse pour ces deux prochaines années, +0,2 pts. Surtout, le chômage baisse. Il vient de passer sous le seuil symbolique des 12%.

45 milliards d’euros de baisses d’impôts

Au programme pour 2016, des baisses d’impôts tous azimuts. Suppression de la taxe foncière sur les résidences principales, baisse du taux d’impôt sur les sociétés, il passera de 27,5% à 24%; enfin d’importants crédits d’impôts dans le BTP sont à prévoir. En tout 45 milliards d’euros de baisse sur 3 ans. Le tout financé par des coupes dans les budgets des ministères et par le déficit. Hollande en rêvait, Renzi l’a fait.

Renzi, l’illusionniste

Arrivé au pouvoir en février 2014, Matteo Renzi bénéficie aussi des réformes initiées par son austère prédécesseur, l’impopulaire Mario Monti. Principal fait d’arme la réforme territoriale. De plus, les baisses d’impôts accordées par Renzi sont comparables à celles que François Hollande a accordé aux entreprises françaises via le CICE. Seule différence, les analystes présentent ses baisses d’impôts comme historiques et saluent un budget de relance pertinent. Enfin, le premier ministre italien a l’intelligence de ne pas affronter Bruxelles de front. Il respecte la principale règle d’un déficit public sous les 3% mais viole toutes les autres, en particulier l’effort de réduction du déficit structurel et de réduction de la dette. Des critères obscurs introduits dans la nouvelle version du pacte de stabilité. Des critères que presque personne ne comprend et qu’il est impossible d’expliquer clairement aux opinions publiques européennes. Matteo Renzi se joue des règle européennes avec finesse et Bruxelles devrait donc fermer les yeux sur ses largesses. Le Florentin reste ainsi fidèle à sa réputation.

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