Finance & Géopolitique

Comment Daech gagne de l’argent

Contrairement à Al-Qaïda, qui dépendait surtout des trafics et des donations étrangères, l’organisation État Islamique possède des moyens financiers inédits et diversifiés. Ils correspondent surtout aux ressources naturelles du territoire qu’elle contrôle. D’après le rapport très détaillé établi par Jean-Charles Brisard et Damien Martinez, les revenus avoisineraient les 2,9 milliards de dollars par an.

  • 55% grâce au pétrole et au gaz vendus à la population, aux entreprises ou à d’autres groupes armés de la région via des intermédiaires. Des kilomètres de camions citernes, appartenant à des traders/trafiquants indépendants, feraient la queue en permanence devant les puits contrôlés par Daech.
  • 20% grâce à la vente de produits chimiques fabriqués dans les usines saisies: mines de phosphate, cimenteries…
  • 12% grâce aux impôts en tout genre qui pèsent sur les populations sous son contrôle: taxe de 5% sur tous les salaires, licences commerciales, péages routiers, taxe de 20% sur les biens archéologiques revendus, sur les retraits bancaires…
  • 7% grâce aux ressources agricoles saisies dans certaines vallées fertiles d’Irak.
  • 4% via les kidnapping et rançons
  • 2% via les donations étrangères

Ma chronique de lundi 16 novembre sur France 24:

Pour aller plus loin:

 

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Les projets d’Amazon derrière l’ouverture de sa librairie

Mais quelle mouche a donc piqué Amazon ? Le plus gros site de e-commerce au monde a-t-il renié son ADN en décidant mardi 3 novembre d’ouvrir sa première librairie à Seattle ? Au contraire, c’est une question de survie ou plutôt d’évolution.

Une librairie connectée pour en savoir encore plus sur vous

Si l’ouverture a surpris les habitants de Seattle, elle a surtout exaspéré un peu plus les libraires de la région. Déjà très affaiblis par le succès du site en ligne, ils redoutent l’arrivée d’Amazon dans les centres villes et ils ont raison. Car l’entreprise qui a presque tué leur secteur en proposant un choix infini, sans loyer à payer et sans problème de trésorerie souhaite désormais proposer une nouvelle expérience à ses clients: une librairie connectée. Pour cela, Amazon utilise toutes les données récoltées sur son site et vous oblige à utiliser son application. Comment ? c’est très simple: seuls les livres les mieux notés sont présentés, surtout, aucun prix n’est affiché. Pour le connaître, il faut scanner le code barre du livre via l’application Amazon. Plusieurs informations sont alors disponibles, le prix et surtout les commentaires, la grand force d’Amazon.

Amazon garde ainsi une trace de vos consultations, comme sur le site. En clair, Jeff Bezos garde un œil très attentif sur votre comportement en magasin, une mine d’information pour améliorer son site et ses offres.

                  

Peaufiner son arrivée dans le multi-canal

Cela peut sembler surprenant mais ce n’est un secret pour personne. Tôt ou tard, Amazon devra posséder des magasins en propre. L’année dernière, l’entreprise avait d’ailleurs annoncé le lancement de son premier établissement à New York mais le projet n’a finalement pas vu le jour. Avec la librairie de Seattle, Amazon avance avec prudence et limite l’expérience à son cœur de métier mais l’époque pure player est peut-être révolue.

La stratégie d’Amazon semble en effet s’essouffler. Depuis longtemps, Jeff Bezos cherche à tuer la concurrence par tous les moyens. D’abord par les prix puis en proposant une livraison toujours moins chère et plus rapide en espérant que la concurrence suive et meure en route. Le programme Amazon prime à travers lequel les clients sont livrés de façon illimitée pour 100$/mois est constamment décrit comme une priorité absolue. Le programme mobilise donc d’importantes ressources chez Amazon. Dernier exemple en date, l’intense campagne publicitaire à la télévision française, exclusivement focalisée sur le programme Amazon Prime. Problème les résultats se font attendre et surtout les coûts explosent.

D’après le cabinet DLD2D, les couts de livraison ont augmenté de 40% en 2014.

Or le temps presse car depuis quelques années, les acteurs traditionnels de la distribution ont réagi. Investir dans une plateforme internet s’est avéré relativement simple. Leurs sites internet tournent donc à plein régime. Surtout, ils sont directement reliés à leurs magasins qui peuvent ainsi jouer le rôle de plateforme logistique ultra-flexible, tout en permettant de rassurer le consommateur. Les enseignes multi-canal prennent enfin leur revanche !

En France, Decathlon, IKEA, La FNAC ou Darty en sont les meilleurs exemples mais les grandes enseignes de la distribution sont également à la pointe. Carrefour, Leclerc …. toutes se sont lancées dans le Drive et ça marche. D’ailleurs la France ferait partie des pays pionniers en terme de multi-canal.

Au États-Unis, ce sont les enseignes comme Macy’s, Wal-Mart, Best Buy ou Costco qui enregistrent de fortes croissance.

Vous l’aurez compris, Amazon doit réagir et cela passe probablement par des boutiques en propre. Une option serait de racheter une grande chaîne de distribution en difficulté alors ouvrez bien vos mirettes…

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Les futurs défis d’Apple pour rester au top

Encore une fois, les sceptiques ont eu tort. Apple a publié des résultats en nette hausse: +22% pour le chiffre d’affaire qui s’élève à 51,5 milliards de dollars en un seul trimestre. Bien sûr ces chiffres reposent de plus en plus sur le succès de l’iPhone. 18% du chiffre total d’Apple en 2008 contre 62,5% aujourd’hui. Le jour où l’iPhone perdra sa suprématie, Apple tremblera. Le marché chinois est également devenu le premier marché d’Apple devant les États-Unis au moment même où la croissance ralentit. Du coup les ventes en Chine ont reculé de 5% par rapport au printemps, mais Apple a encore de la marge.

Pour résumer, oui Apple est iPhone-dépendant, oui l’entreprise n’arrivera probablement pas à maintenir le niveau de croissance affiché ces dernières années, mais est-ce si grave  ?

La véritable question derrières les multiples avertissements des analystes tient en une question: Comment Apple peut-il mourir ? La marque semble invincible et pourtant, elle reste mortelle. Les cimetières du capitalisme regorgent d’exemples de ce type: Kodak, Firestone, AOL, Yahoo, voire IBM ou Microsoft. Autant d’entreprises qui ont sont rentrées dans le rang après avoir connu la gloire. Alors quelles sont les menaces qui pèsent sur Apple ?

Rester une marque de luxe

Au fur et à mesure que les smartphones s’améliorent, se banalisent, ils deviennent de moins en moins chers et génèrent donc moins de profits. C’est d’ailleurs le dilemme auquel font face les fabricants utilisant Android. Au 2eme trimestre 2015 par exemple, LG affiche son meilleur résultat en vendant 8,1 millions de smartphones LTE, mais son bénéfice ne représente que 172 000$ soit 1,2 cents par téléphone. Du jamais vu! Principale raison, la concurrence acharnée qui alimente la guerre des prix et gonfle les frais de marketing. Sous Android, l’offre est pléthorique, comme le montre ce schéma:

Si Apple est aussi profitable c’est que l’entreprise a su rester au dessus de la mêlée et devenir une vraie marque de luxe, comme Hermès ou Vuitton. Comme le souligne Scott Galloway, elle en possède tous les attributs: l’obsession presque artisanale du produit, un fondateur légendaire, un prix élevé, une maîtrise de son réseau de distribution – Apple store only-, une présence mondiale et c’est aussi un marqueur social et identitaire. Cocktail qui permet à Apple d’afficher des marges extraordinaires !

Qu’Apple soit devenu une marque de luxe semble évident, ça l’est encore davantage lorsque l’on jette un oeil à la répartition géographique d’iOS vs Android à New York:

Bien choisir où investir ses milliards de dollars de trésorerie

Le chiffre a été laché comme si de rien n’était par Tim Cook lors de la présentation de ses derniers résultats. Apple a des réserve, beaucoup de réserves, 205 milliards de dollars très exactement. C’est le PIB du Portugal ou du Qatar ! Tim Cook pourrait s’offrir n’importe quelle grande entreprise mais que faire avec 200Md$ ?

Apple doit d’abord développer ses dernières innovations comme l’Apple Watch et l’Apple TV. Ensuite, les analystes spéculent sur deux grandes orientations stratégiques:

1- Investir dans l’automobile

Certaines rumeurs voient Apple racheter un constructeur automobile. De nombreux employés de Tesla auraient été débauchés. Son PDG Elon Musk a reconnu que la suite logique pour Apple serait en effet de se lancer dans l’automobile. Depuis un an, les employés d’Apple laissent entendre qu’une Apple car est en cours de développement, nom de code TITAN. Dans une conférence du Wall Street Journal datant du 20 octobre dernier, Tm Cook semblait embarrassé de s’étendre sur le sujet mais ses indications sont pourtant claires. Conduite autonome, système multimédia….. il  expliqué que l’industrie automobile était sur le point de connaître une révolution et on imagine mal qu’il n’essaie pas d’en être le leader.

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Récemment, un grand designer japonais de l’automobile s’inquiétait de voir de plus en plus d’entreprises de la Silicon Valley se lancer dans l’automobile. Pour lui, s’ils ne réagissent pas rapidement, les constructeurs traditionnels risquent de devenir de simples fabricants à leur service.

2- Devenir une marque de luxe à part entière

C’est la grande prédiction de Scott Galloway. Apple a débauché l’ancienne patronne de Burberry Angela Ahrendts pour développer les Apple Store. C’est désormais le plus gros salaire chez Apple. L’objectif selon le professeur de marketing, serait de proposer de plus en plus de produits de luxe connectés dans les Apple Store. L’Apple Watch n’étant que la tête de pont. Il développe régulièrement ses arguments dans ses conférences.

Quel que soit le chemin que prendra Apple, l’exécution devra être parfaite au risque d’y perdre des plumes et de diluer son image de marque.

Apple sera-t-il toujours le plus innovant dans 10 ans ?

C’est peut être la plus grande menace qui pèse sur l’entreprise. Sans Steve Jobs, Apple pourra-t-il mener à bien tous ces nouveaux projets ? Lorsqu’on lui demandait comment les entreprises finissaient par décliner, Steve Jobs avait une théorie : Plus une entreprise connait le succès, plus elle se retrouve en situation de monopole ou elle accorde moins d’importance à ses produits et  à ses ingénieurs. Les commerciaux ou les financiers finissent par diriger l’entreprise, ce qui marque le début de la fin selon lui.

Installée au sommet, Apple succombera-t-elle à ce travers ?

De manière générale, les entreprises qui finissent par disparaître sont celles qui sont incapables d’innover et surtout de transformer leur façon de penser face au changement. Si elles identifient en générale très bien ce qui les menace, elles utilisent souvent leurs vieilles recettes en vain. Ce que Donald Sull nomme l’inertie active. L’inertie, au sens physique, n’est pas l’immobilisme mais l’absence de changement de trajectoire.

En bref, si nos téléphones évoluent radicalement, Apple sera-t-il capable de s’adapter ?

Sur le marché des téléphones 2 grandes tendances se dégagent à l’avenir: les nouveaux matériaux et l’intégration des terminaux dans notre corps. Dans ces 2 exemples, la maîtrise des matériaux et des processus biotechnologiques seront la clé.

Voici un exemple de téléphone pliable imaginé par Nokia. je vous laisse également réfléchir avec cet épisode de la série d’anticipation anglaise Black Mirror. Un régal !

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